L’artisanat, c’est une affaire de famille : 48 ans d’entrepreneuriat et d’esprit d’invention
Delligsen jouit d’une longue tradition en tant que site de l’industrie métallurgique. L’extraction du minerai de fer, la sidérurgie et l’industrie de transformation marquent encore aujourd’hui cette localité de l’arrondissement de Holzminden. Gerhard Dietrich, le fondateur de l’entreprise aujourd’hui âgé de 92 ans, a appris son métier sur le terrain.
48 ans d’esprit d’entreprise et d’innovation
Delligsen jouit d’une longue tradition en tant que centre de l’industrie métallurgique. L’extraction du minerai de fer, la métallurgie et la production caractérisent encore aujourd’hui cette ville du district de Holzminden. Le fondateur de l’entreprise, Gerhard Dietrich, âgé de 92 ans, a appris le métier sur le terrain. En 1965, il a ouvert son atelier de tournage de précision et à tourelle à Stroite, près d’Einbeck. En 1978, son gendre, Hans Gereke-Bornemann, a rejoint l’entreprise familiale et s’est engagé aux côtés de Gerhard Dietrich pour poursuivre le développement de l’entreprise. Outre la production de pièces standard, l’entreprise s’est rapidement orientée vers la livraison rapide et flexible de produits sur mesure dans le domaine de la fabrication de fils. Depuis 1984, la direction est assurée par les propriétaires actuels, Gudrun et Hans Gericke-Bornemann. Avec leur fille Katrin et leur gendre Moritz von Soden, ils consacrent toute leur énergie à cette entreprise en pleine croissance. Katrin et Moritz von Soden ont quitté Hambourg et ont décidé de franchir ce pas ensemble. Jusqu’à présent, ils n’ont pas regretté cette décision – bien au contraire.
Après une brève réflexion, vous avez décidé de rejoindre l’entreprise familiale à Delligsen. Quelle formation avez-vous suivie et en quoi votre expérience est-elle un atout pour Bornemann ?
Moritz von Soden : Katrin et moi avons tous deux étudié et travaillé dans un environnement international. J’ai suivi un cursus « International Business with French (BA, Hons) » à l’université de Greenwich à Londres et obtenu un « Master in European Business » à la Grande École de Lyon, en France. Après mes études, j’ai travaillé pour deux entreprises japonaises, tant dans mon pays qu’à l’étranger, occupant en dernier lieu le poste de « Global Account Manager ».
Katrin von Soden : J’ai suivi des études en « gestion internationale de l’information » à l’université de Hildesheim et à l’université de Grenade. J’ai ensuite travaillé dans le marketing et la gestion des ressources humaines. Avant de rejoindre Delligsen, je dirigeais une agence de recrutement à Hambourg comptant environ 100 collaborateurs. Grâce à notre expérience professionnelle, mon mari et moi complétons largement les compétences et les connaissances déjà présentes au sein de l’entreprise. Cela nous a permis, avec mes parents et nos collaborateurs, d’optimiser de nombreux processus au sein de l’entreprise ces dernières années.
Tes parents sont propriétaires de l’entreprise Bornemann Gewindetechnik GmbH. Tes parents et ton grand-père sont-ils des modèles pour toi ?
Katrin von Soden : J’ai toujours eu des liens très étroits avec ma famille, et bien sûr, mes parents et mes grands-parents sont mes grands modèles. J’admire ce qu’ils ont bâti et je suis fière de poursuivre leur œuvre aux côtés de mon mari.
L’entreprise Bornemann s’est rapidement développée pour devenir un groupe international : quel est le secret de ce succès ?
Hans Gereke-Bornemann : Notre succès de ces dernières années repose sur un processus stratégique mûrement réfléchi, au cours duquel nous avons défini l’orientation de l’entreprise et identifié les lacunes stratégiques. Nous avons ensuite pu combler ces lacunes grâce à des mesures ciblées. Afin de favoriser l’internationalisation, nous avons délibérément quitté les sentiers battus et ouvert de nouveaux horizons. L’utilisation d’outils de marketing en ligne et la présence sur les marchés cibles font partie intégrante de ce processus.
Selon vous, qu’est-ce qui est important pour les clients aujourd’hui ?
Moritz von Soden : C’est une question cruciale que nous devons sans cesse nous poser. Nous devons contribuer à accroître directement la valeur ajoutée pour nos clients : ce n’est qu’en adoptant une approche résolument orientée client que nous pourrons nous démarquer de la concurrence à long terme. Il ne suffit pas, à long terme, de se contenter de proposer des prix plus bas.
Avec autant de travail, votre vie privée n’en pâtit-elle pas ? Comment aimez-vous passer votre temps libre ?
Gerhard Dietrich : Outre ma grande passion pour mon travail au rucher, j’ai toujours occupé mon temps libre de manière constructive et je me suis consacré intensément à l’apiculture. Après des années d’expérimentation, j’ai réussi à mettre au point un système breveté pour détourner les butineuses, qui vise à empêcher l’essaimage et à réduire la population d’acariens Varroa dans les ruches.
Katrin von Soden : Nous passons la majeure partie de notre temps avec les enfants. Par ailleurs, nous aimons cuisiner avec des amis.
Gudrun Gereke-Bornemann : Mon mari et moi passons beaucoup de temps avec nos petits-enfants. Je consacre le reste de mon temps libre à la peinture. Mon mari est un passionné d’aéromodélisme et président de l’association des entrepreneurs WIR à Delligsen. Il consacre beaucoup de temps à défendre les intérêts des entrepreneurs locaux auprès des élus locaux et à améliorer la qualité de vie des habitants de notre région. Nous aimons aussi voyager dans des pays lointains avec des amis.
On entend souvent dire que les enfants et la carrière sont incompatibles. Comment as-tu réussi à trouver un équilibre entre vie familiale et vie professionnelle ?
Gudrun Gerke-Bornemann : Dans notre famille, nous nous sommes toujours soutenus les uns les autres. Quand ma fille était petite, ma mère passait beaucoup de temps avec elle ; aujourd’hui, ma fille et moi partageons une grande partie des tâches liées au travail et à la garde des enfants. Je suis heureuse d’avoir désormais plus de temps pour mes petits-enfants et de pouvoir vivre ce que je n’ai peut-être pas pu vivre avec ma fille.
Katrin von Soden : Ma fille aînée va à la maternelle à temps partiel. Ma fille cadette ira à la maternelle dès qu’elle aura deux ans. Le principal avantage d’une entreprise familiale, c’est bien sûr la flexibilité. Tant nous que nos employés pouvons rapidement adapter les horaires de travail à nos besoins.

